Temps de lecture: 7 minutes
Le réchauffement climatique est un phénomène causé par les gaz à effet de serre (GES en sigle) émis par les activités humaines. Il se traduit par une augmentation très rapide de la température moyenne de l’atmosphère depuis les années 1850 [1]. Aujourd’hui, on peut affirmer avec certitude que la décennie 2011-2020 est plus chaude de 1,10 C que le demi-siècle 1850-1900 [1]. Parler du réchauffement climatique a le mérite de la simplicité ; Néanmoins, les effets ne se limitent pas à une simple hausse des températures. Ils concernent aussi la modification du régime des pluies ou encore la fréquence et l’intensité d’évènements extrêmes. On peut citer entre autres vagues de chaleur, inondation, feux de forêts, ouragans avec leur cortège d’effets graves sur la nature et sur les humains [1].
Cependant les aliments doivent être cultivés et transformés, transportés, distribués, préparés, consommés puis, parfois éliminés. Chacune de ces étapes génère des gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur du soleil et contribuent au changement climatique.
Le réchauffement climatique
La terre reçoit le rayonnement du soleil à raison de 340 Watts/m2 au sommet de la haute atmosphère ; environ 30 % de cette énergie est réfléchie par les nuages et par la glace des calottes polaires ou des banquises et des glaciers. Or la terre possède une atmosphère laquelle contient des gaz comme la vapeur d’eau ou le dioxyde de carbone (CO2), qui sont à l’origine d’un « effet de serre » naturel. Grace à ces gaz dits « à effet de serre », la température moyenne sur la terre est de + 15° C ; sans eux, elle serait de – 18 °C. Leur rôle a donc été bénéfique dans l’apparition et l’essor de la vie.
Depuis la révolution industrielle, l’humanité ajoute ses propres émissions de gaz à effet de serre à celles de la nature. Dans son rapport du mois d’Août 2021, le GIEC confirme que cet effet de serre additionnel est la seule cause du réchauffement climatique. Il s’explique par la croissance économique et démographique des pays développés et émergents. Il s’accélère fortement à partir de 1950 et est surtout lié à l’emploi des combustibles fossiles que sont le charbon, le pétrole et le gaz naturel, générateurs de CO2 [1].
Les gaz à effet de serre
Ils sont au nombre de trois : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O), auxquels il faut ajouter la famille des gaz fluorés.
En 2019, leurs émissions totales liées aux activités humaines représentaient l’équivalent de 59,1 milliard de tonnes de CO2 : en effet, la plupart de ces gaz ayant un pouvoir de réchauffement supérieur à celui du CO2 (p ex : 1 g de CH4, 1 g de N2O a le même effet que 30g et 300g de CO2 respectivement) :
- CO2 est le GES le plus émis par les activités humaines (on parle d’émission anthropique). Toute combustion libère du CO2 ;
- Méthane (CH4) : les principales sources d’émission anthropique sont l’industrie pétrolière, l’agriculture (élevage intensif, riziculture) et la décomposition de la biomasse(décharge d’ordures, etc.) ;
- Protoxyde d’azote (N2O) ou oxyde nitreux : ce gaz se forme surtout lorsque les intrants agricoles déposés dans le champ, comme les engrais de synthèse azotés ou les déjections du bétail sont dégradables par les bactéries du sol. Les autres sources sont les industries chimiques, les eaux usées ;
- Gaz industriels fluorés : ce sont hydrofluorocarbure (HFC), perfluorure de carbone(PFC), hexafluorure de soufre (SF6), trifluorure d’azote (NF3). Ils sont indispensables dans des nombreux secteurs comme la production du froid, l’extinction d’incendie, les solvants, etc. Leur potentiel de réchauffement est considérable selon le gaz de plusieurs centaines à plusieurs milliers de fois celui de CO2.
Les activités humaines
Que ce soit à l’échelle d’un foyer, d’une entreprise, d’une collectivité ou d’un Etat, doivent impérativement tenir compte de l’évolution du climat et du réchauffement climatique. Certaines mesures peuvent alors être prises, en accélérant le développement des énergies renouvelables, en imposant une taxe carbone ou encore en limitant son empreinte carbone [5].
Le rapport de synthèse AR6 pour 2023 constate que « des changements largement répandus et rapides se sont manifestés dans l’atmosphère, l’océan, la Cryo sphère et la biosphère » dont les conséquences globales du changement climatique et du réchauffement de la planète se traduisent à l’échelle mondiale par une augmentation des températures moyennes, des changements dans le régime des précipitations, une élévation du niveau des mers et une perte des biodiversités.
Également disponible :Lyophilisation des aliments : Innovations et défis pour l’industrie agroalimentaire
Impacts du secteur agroalimentaire sur le climat
Plus d’un tiers des émissions des GES imputables aux activités humaines sont liées à l’agroalimentaire [2], juste après le secteur de l’énergie [3]. En effet :
La majorité des GES liés à l’alimentation proviennent de l’agriculture et de l’utilisation des terres. Il s’agit par exemple :
- Du méthane issu de la digestion des ruminants ;
- Du protoxyde d’azote provenant des engrains utilisés ;
- Du dioxyde de Carbone dù à la déforestation;
- D’autres émissions agricoles issus de la gestion du fumier, de la riziculture, du brulage des résidus de culture et de l’utilisation de carburant dans les exploitations.
Une part bien moindre des émissions des GES liées à l’alimentation est due :
– A la réfrigération et au transport des denrées alimentaires ;
– Aux processus industriels tels que la production de papier et d’aluminium pour le conditionnement ;
– A la gestion des résidus alimentaires [2].
Dans les régions du monde où l’eau est déjà rare, le changement climatique aura de plus en plus d’impacts négatifs sur la production agricole. Ceci en raison de la diminution des réserves hydriques, de la multiplication des épisodes extrêmes ci-hauts énumérés [3].
Cas de la RDC
En RDC, les fermiers de la station de l’INERA/Kipopo par exemple, fondent une perception de la variabilité climatique sur des évènements climatiques vécus. Il y a l’abondance des pluies, sècheresse, inondation, etc. basée sur l’observation des situations ponctuelles annuelles et non sur un suivi systématique des facteurs climatiques sur un intervalle donné de temps [4]. Ceux de Yangambi, confrontés au changement climatique, ne subissent pas uniquement des baisses de rendement : ils ont aussi observé une augmentation des nuisibles sur leurs cultures et l’arrivée de nouvelles espèces d’adventices. [5].
Le contexte
A travers les étapes et/ou les activités de sa chaine alimentaire, l’agroalimentaire insinue le réchauffement climatique ; En effet :
1. Les navires, Camions et avions qui transportent des marchandises à travers le monde sont autant de sources d’émission des GES. Ceux-ci viennent s’ajouter à celles générées par la production de ces marchandises. Au total, les flux commerciaux mondiaux sont responsables d’un quart des émissions de GES [6] ;
2. La déforestation, pour disponibiliser la superficie cultivable ou pour l’élevage, obtention de la braise, etc ; impacte les 2400 milliards de tonne de carbone des deux premiers mètres de profondeur sous la terre. Soit trois fois plus que ce que l’on trouve dans l’atmosphère [7].
Solutions pour atténuer les impacts et s’adapter
Conclusion
[Fabrik Aliments – Pour garder une avance exceptionnelle sur la concurrence et suivre les innovations et tendances en alimentation et agriculture, merci de signer votre email ICI ].
Vous pouvez également réserver un appel avec un consultant de notre cabinet pour analyser votre projet au +39 3517223569 sur Whatsapp.
Sources :
Tiré du journal de l’environnement L’AGROALIMENTAIRE EN RDC ET LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Auteurs: Kanga-Kanga Mfuni René, 1Badibanga Kasumpa David, 1Ngoy Nsenga Gédéon, 1Nkusu Mubembe Fifi, 1Ngoy Kishiko Teddy, 1Kanyeba Wa Kabuba Silvie, 1Musans Ngwej Nikson, 1Mbelani Kutalana Mireille, 1Kalaka Mayur Clovis, 1,2Mulungulungu Nyamuganira Deogratias
[1]Olivier Voizeux et Stephane Jungers (2022) : Tout comprendre au réchauffement climatique, p12.[2]Arnold Bisimwa Ngabo, Muhanya Nzigire L., Koko Mukuru et Kafirongo Maneno(2020) : Changement climatique et production agricole au Sud-Kivu en RDC, dans Congoscience journal en ligne de l’ACASTI et du CEDE ISSN : 2410-4299 . Vol8 no1
[3]Joseph TSongo (2017) : En RDC, les perturbations climatiques désespèrent les agriculteurs
[4]Minna Kanonen et Diego Arias (2020) : Pour une agriculture profitable et soucieuse des enjeux climatiques et nutritionnels, publié sur Nasikiliza
[5]Anais Badillo (2024) : Réchauffement Climatique : cause et conséquences. p8
[6]J.C. Cheftel et Henry Cheftel (1978) : Introduction à la biochimie et à la technologie des aliments, Vol 1, Ese moderne d’Edition, Paris, pp 380
[7]GIEC (2024) : 5eme rapport sur comment lutter contre le réchauffement climatique en cinq actions clefs

Direction des Opérations de Bonanjo, Douala, Cameroun.
Nos missions :
Analyser les tendances et les évolutions des secteurs agricoles, d’élevages et agroalimentaires au Cameroun et en Afrique centrale et informer les opérateurs du secteur.
Étudier et rédiger des articles d’analyses, des actualités, des fiches techniques et des itinéraires de production.
Accompagner la croissance de l’industrie agroalimentaire du Cameroun et participer à positionner le Cameroun comme grenier de la sous région.
Pour nous contacter
Courriel : hectareconsulting@gmail.com
Whatsapp : +237 670743248 / +393894246360
Adresse : Rue Doumergue Bonanjo, derrière la poste centrale, après le consulat de la Corée du Sud, Bonanjo, Douala, Cameroun.