DE “L’OR ROUGE” DANS NOS PLATS : LA TOMATE AU PREMIER RANG DES LÉGUMES CONSOMMÉS AU CAMEROUN

Al momento stai visualizzando DE “L’OR ROUGE” DANS NOS PLATS : LA TOMATE AU PREMIER RANG DES LÉGUMES CONSOMMÉS AU CAMEROUN
LA TOMATE AU PREMIER RANG DES LÉGUMES CONSOMMÉS

Temps de lecture: 12 minutes

Du côté des légumes, la tomate est le légume le plus consommé au Cameroun à raison de 11.81 kilos par an et par personne [1]. Nous allons découvrir qu’en réalité, la tomate a été pendant bien longtemps au premier rang des légumes consommés.

La production mondiale de legumes en 2016, par type (En million de tonnes). Crédit photo : Philippe Fabre, commerce international et agriculture (via Quora).
La production mondiale de legumes en 2016, par type (En million de tonnes). Crédit photo : Philippe Fabre, commerce international et agriculture .

[Fabrik Aliments – Pour garder une avance exceptionnelle sur la concurrence et suivre les innovations et tendances alimentaires et agricoles, merci de renseigner votre mail  ICI ].

1. Pourquoi la tomate?

Tomates prêtes pour la récolte sur plants en culture. Crédit photo : pixabay
Tomates prêtes pour la récolte sur plants en culture. Crédit photo : pixabay

 

Tout d’abord il faut dire qu’il existe plusieurs milliers de variétés cultivées de tomates (Solanum lycopersicum). La sélection se penche sur les critères de grosseur du fruit, cycle de croissance de la plante, fermeté du fruit et résistance de la variété aux attaques. Nous avons les variétés à fruits plat et côtelé (Marmande) avec des poids de fruits pouvant dépasser 1kg. En outre, les variétés à fruit arrondi (hybrides) qui se conservent longtemps dont le poids varie de 100 à 300 g. Il existe aussi les variétés à fruit allongé avec une extrémité arrondie (Roma) ou pointue (Chico) surtout destinées à l’industrie. Ces dernières répondent à un certain nombre de critères technologiques liés à leur transformation, elles ont un port déterminé et certaines se prêtent même à la récolte mécanique, rapide. Et enfin il y a les variétés de petites dimensions et de faible poids (Cerise, cocktail).

Principales formes de tomates : 1, aplatie - 2, légèrement aplatie - 3, arrondie - 4, haute et ronde - 5, en forme de cœur - 6, cylindrique - 7, en forme de poire - 8, en forme de prune. Crédit photo : wikipédia
Principales formes de tomates : 1, aplatie – 2, légèrement aplatie – 3, arrondie – 4, haute et ronde – 5, en forme de cœur – 6, cylindrique – 7, en forme de poire – 8, en forme de prune. Crédit photo : wikipédia

 

Au Cameroun, elle est dans presque tous les plats comme les légumes sautés du célèbre “couscous légumes” de l’ouest Cameroun, le Kondrè, le plat prestigieux “poulet DG”, la sauce émincé. L’exemple le plus significatif  est l’incontournable plat des fêtes de fin d’année “la sauce tomate” avec riz comme accompagnement majoritaire. Elle entre aussi dans nos salades, grillades et fast food.

Plat de riz sauce tomate prête à consommer.Crédit photo : freepik
Plat de riz sauce tomate prête à consommer.
Crédit photo : freepik

Lire aussi: LA FILIÈRE BLÉ AU CAMEROUN : ZOOM SUR CETTE CÉRÉALE ANCRÉE DANS NOTRE ALIMENTATION

2. Cycle de culture et fertilisants

Un camerounais consommerait environ 42 kg de tomates par année ce qui marque un plan important dans la culture de ce légume au Cameroun[2]. Principalement cultivé dans les régions de Nord Cameroun, Centre et Ouest Cameroun, ce dernier fourni 40% de la récolte des tomates au Cameroun. La tomate peut se cultiver toute l’année au Cameroun mais c’est idéal de le faire en saison sèche pour éviter de nombreuses attaques notamment celles des champions. Mentionnons que ces derniers sont fortement actifs en saison pluvieuse mais il faudra davantage de produits phytosanitaires pour atteindre le résultat souhaité. Ceci a un impact significatif sur le prix final mais les agriculteurs doivent évaluer les tendances du marché pour déterminer la période de récolte la plus profitable. C’est surtout l’étape post-récoltes qui est cruciale. En outre le transport du champ vers le marché se fait rapidement car la tomate se détériore vite.

LA TOMATE AU CAMEROUN
De “l’or rouge” dans nos plats: la tomate au premier rang des légumes consommés au Cameroun. Crédit photo : Minader

Produire la tomate est tout de même plus rentable que beaucoup d’autres légumes car elle ne nécessite pas de grands espaces et on peut la cultiver en saison sèche avec une bonne irrigation.

Processus chronologique de la culture de la tomate

Sa culture se généralise de façon chronologique en ces étapes:

  • Le choix du site : il faut un terrain facile d’accès avec une bonne exposition au soleil de préférence à côté d’un cours d’eau, avec un sol argileux-sableux, non-inondable de préférence. Il est idéal qu’en amont sur quelques années, qu’il ait eu aucune autre culture de Solanacée ( piment, pomme de terre, tomate…etc).
  • La pépinière: c’est toujours mieux quand elle est près de la zone de repiquage. La semence doit être bien choisie , le sol prêt, laisser grandir les plants sur une période de 30 à 40 jours tout en régulant la température par une couverture supporté par des planche.
  • La préparation du terrain : défricher et mettre en état le terrain.
  • La fumure:

Bon a savoir:

la fumure de fond (pour 1.000 m² apporter 2.000 à 3.000 kg de compost et/ou de matières organiques bien décomposées et 16 kg d’engrais minéral NPK(15-15-15)) mise au départ avant repiquage et la fumure d’entretien (apport de 20 kg d’engrais minéral NPK (15 15 15)) à la reprise après repiquage, en début floraison, en début fructification et après la première récolte, soit 80 kg pour 1.000 m²pour les 4 apports.

  • Le repiquage : observer que les plants aient déjà 5 à 6 vrais feuilles. La technique est de repiquer les plants aux écartements de 60 cm x 50 cm (60 cm entre les lignes et 50 cm entre les plants sur la ligne), soit une densité de 3.333 plants/1.000 m2 (33.333plants/ha). Les plants sont enterrés jusqu’au niveau des premières feuilles.
  • Besoins en eau / irrigation : la fréquence est fonction des saisons (Août: 2 fois /semaine, Septembre à Octobre : 3 fois/ semaine, Décembre à Janvier: 1 fois/semaine).
  • Entretien et protection phytosanitaire: Pour ce qui est du désherbage, le 1er sarclage intervient 15 jours après repiquage et le 2ème à 35 jours après repiquage et les autres si besoin en cas d’enherbement.
  • Récolte : Elle intervient 2 à 3 mois après repiquage de façon technique c’est à dire de façon échelonnée. Elle se fait manuellement (à la main en cueillant les fruits). Pour une bonne conservation pour la vente, les fruits de tomate sont récoltés avant maturité complète.

3. Entreprises agroalimentaires de la filière tomate au Cameroun

En 1990, la Société des conserveries alimentaires du Noun (Scan) basée à Foumbot, voit le jour. L’usine lance effectivement la transformation massive de la tomate en conserve en 1994 sur des installations de 2 hectares offrant 1600 emplois directs et indirects mais va fermer ses portes après 6 ans d’activité seulement. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises offres des purées tomates surgelés, des concentrés de tomate, de la tomate séchée et même du vin à base de tomate.

C’est le cas d’Agro-Bantou SARL, une PME spécialisée dans la production de vins à base de fruits et légumes qui évoque par sa co-fondatrice Mme Simone APAH, << Le but pour nous est premièrement de réduire l’importation des vins au Cameroun. Ensuite valoriser la culture de la tomate sous un autre aspect car celle ci se rapproche assez du raisin et enfin faire savoir aux camerounais qu’on peut consommer d’excellents produits de façon locale. Nous disposons de toutes les ressources dont il nous faut encourager le made in Cameroun >>. Ingénieure des industries agricoles et alimentaires, leur équipe se déploie sur le terrain via des salons, foires et publicité pour faire connaître ce produit novateur.

LA TOMATE AU CAMEROUN
Vins blancs de tomate “la cuvée Bantou” d’Agro-Bantou SARL prise lors du Salon national de l’agriculture 2024 par nos envoyés spéciaux sur le terrain.

4. Évolution du marché de l’or rouge au Cameroun

C’est un marché jonché d’incertitudes où chaque acteur doit user de stratégie pour accéder à ses richesses. Au fil des années, les petits exploitants qui majoritairement font vivre cette agriculture au Cameroun, parviennent à atteindre le million de FCFA de chiffre d’affaires annuel en la cultivant, malgré de nombreuses difficultés. En effet, selon les données de la FAO, plus de 329 000 petits exploitants dans les régions de l’Ouest (62%), du Centre (28%) et du Nord-Ouest (7%), vivent de cette culture. En outre, la rentabilité de la filière est élevée selon ces derniers, qui réussissent à réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 1 million de FCFA par an [4].

L’impact du Covid-19 sur le marché de la tomate au Cameroun

La crise du COVID-19, n’a pas laissé ce secteur indifférent, suite à la fermeture des frontières, les prix du cageot de tomate ont librement chuté sur le marché à cause du surplus d’habitude vendu à l’extérieur du pays. Autrement dit, ce qui à causé des pertes énormes pour les agriculteurs qui ont dû abandonner pour d’autres cette culture, d’autres les plants au champ, et d’autres vendu à perte et incapable de rembourser les dettes. L’hécatombe, qui décrit la plus grande perte des agriculteurs qui ne s’y attendait pas car des cageots à 1000Fcfa, 1400Fcfa en 2020 qui ne permettent même pas de rembourser l’investissement.

On a retrouvé beaucoup de tomates qui pourrissaient tant au marché que dans les champs mettant à nu l’incapacité du pays à conserver les tomates après récolte. Pour restructurer la filière, le gouvernement avait établi un plan de relance à hauteur de 2 milliards FCFA visant à faciliter la création d’unités de transformation et de conservation de la tomate.

En 2021, on observe une inflation, cette rareté n’étant que due à l’impact du COVID-19. Aujourd’hui le marché semble avoir retrouvé sa routine habituelle avec des périodes de cherté. Ce mois par exemple dans la capitale économique de Douala le cageot coûte 8000 à 9000fcfa.

Hormis les fluctuations du secteur, nous notons la présence des concentrés de tomates importés. C’est le cas du Ketchup qui s’est aujourd’hui imposé dans les plats camerounais comme accompagnement de grillades et fritures.

5. Difficultés et opportunités

Dans le monde, la chine s’impose en tant que premier producteur mondial des tomates, suivi par l’Inde et la Turquie (premier consommateur)[5]. En Afrique, le Nigéria occupe le premier rang et fait partie des plus grands producteurs de tomate au monde, avec une production d’environ 1,5 millions de tonnes par an[6].

LA TOMATE AU CAMEROUN
Au Nigéria, la plus grande unité de transformation de tomates en Afrique installée à Kano est entrée en fonctionnement le lundi 15 mars 2016. Après cinq années de préparation avec comme objectif de réduire l’exportation de la pâte de tomate, la nouvelle usine a nécessité un investissement de 20 millions de dollars.
Crédit photo: financialafrik.com

 

Au Cameroun, la principale difficulté pour les petits producteurs de purée de tomates et les revendeurs de tomates sont les coupures d’électricité. Ceci rend difficile un engagement pour une conservation qui prend en compte la chaîne de froid. Même avec des surgélateurs, un groupe électrogène, les coupures incessantes et la hausse d’essence ne permettent pas d’avoir un grand rendement surtout pour les petits producteurs. Il faudrait donc encourager la production des conserves biologiques et/ou naturelles à grande échelle pour stabiliser ce marché. En outre, investir dans cette agriculture est aussi primordiale pour garantir une croissance constante.

Saisir les opportunités qu’offrent la tendance du BIO, un retour vers une alimentation plus verte et saine. Selon Interfel, 43% des Européens déclarent avoir diminué leur consommation de fruits et légumes ces derniers mois en raison de l’inflation. Si leurs assiettes sont moins vertes, les consommateurs des pays étudiés ne perdent cependant pas l’envie de consommer davantage de fruits et de légumes. Un désir très prononcé en Italie (88%), en Espagne (84%) et en France (84%). Un peu moins en Allemagne (76%) et aux Pays-Bas (72%).

Conclusion

La tomate, originaire d’Amérique du sud à conquit tous les cœurs, communément appelé “OR ROUGE”. Elle est une culture très rentable mais encore il faut oser relever le défi, user de technologies, connaissances et stratégies pour une entreprise durable et pérenne. L’urgence au Cameroun est de consommer local et de créer des usines de transformation pour résoudre le problème majeur de conservation.

[Fabrik Aliments – Pour garder une avance exceptionnelle sur la concurrence et suivre les innovations et tendances alimentaires et agricoles, merci de renseigner votre mail  ICI ].

Vous pouvez également réserver un appel  avec un consultant expert de notre cabinet pour analyser votre projet au +39 3517223569 sur Whatsapp.

Sources

[1] https://rmc.bfmtv.com/conso/alimentation/pomme-carotte-fraise-voici-les-fruits-et-legumes-preferes-des-francais_AN-202402290659.html

[2] Librairie Eyrolles ( https://www.eyrolles.com/Litterature/Livre/rentabilite-financiere-de-la-production-de-la-tomate-au-cameroun-9786131598227/)

[3] Fiche technico-économique pour la culture de la tomate (Région d’Agadez) par Kaou Mamadou, Djibo M. Issiakou, Madou A. Ali, Sidi I. Ouattara, Boubacar Dan Marafa / CRA d’Agadez, Zakey Yayé /RECA. Chambre Régionale d’Agriculture d’Agadez, Version 1 mars 2020

[4] Agence ecofin (https://www.agenceecofin.com/entreprendre/0305-87819-la-tomate-l-or-rouge-des-petits-exploitants-au-cameroun)

[5] Fresh plaza (https://www.freshplaza.fr/article/9588947/video-la-chine-est-le-plus-grand-producteur-de-tomates-au-monde/)

[6] Financial Afrik (https://www.financialafrik.com/2016/03/18/nigeria-lusine-de-transformation-de-tomates-de-dangote-enfin-en-marche/#:~:text=Le Nigéria fait partie des,millions de tonnes par an).

À quel point ce message vous a-t-il été utile ?

Cliquez sur une étoile pour la noter !

Note moyenne 5 / 5. Décompte des voix : 2

Aucun vote pour l'instant ! Soyez le premier à noter ce post.

PARTAGER