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Le Cameroun, autrefois reconnu pour son potentiel en matière de production d’ananas, fait face à une stagnation de ses exportations depuis maintenant cinq ans. Malgré des opportunités croissantes sur les marchés américains et européens, la filière de l’ananas peine à décoller, laissant des questions sur les raisons de ce ralentissement persistant.
L’ananas: Un potentiel inexploité sur les marchés internationaux
Les marchés américains et européens offrent des débouchés intéressants pour l’ananas camerounais, en raison de la demande croissante pour des produits exotiques et de plus en plus bio. Toutefois, la filière peine à répondre à ces attentes. Alors que des pays comme le Costa Rica et les Philippines dominent le secteur, les exportations camerounaises restent modestes, malgré un climat favorable à la culture du fruit.
Les experts du secteur agroalimentaire soulignent que le Cameroun a la capacité de se positionner comme un acteur majeur grâce à sa proximité géographique avec l’Europe et la qualité de ses fruits. Mais il n’a pas su capitaliser sur ces avantages. Les volumes d’exportation n’ont pas progressé, se maintenant autour de 150 000 tonnes par an, un chiffre largement inférieur à celui de ses concurrents directs.
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Les freins à l’exportation : infrastructures et logistique
L’une des principales raisons de cette stagnation réside dans les infrastructures insuffisantes. Le Cameroun souffre d’un manque de modernisation de ses systèmes de transport et de ses infrastructures portuaires. Ce qui freine l’efficacité des exportations. Les producteurs locaux dénoncent les coûts élevés de transport, les délais prolongés pour l’expédition des produits et la faible capacité de conservation des fruits.
« Nos fruits se perdent en grande partie avant même d’atteindre les marchés internationaux », explique un responsable d’une coopérative d’ananas dans la région du Littoral. « Si nous avions un meilleur accès aux technologies de conservation et de réfrigération, nous pourrions répondre à la demande croissante, notamment pour les ananas bio en Europe. »[1]
Une concurrence féroce et des standards stricts
Par ailleurs, la concurrence internationale reste rude. Le Costa Rica, premier exportateur mondial, détient une part de marché importante. Ceci grâce à ses techniques agricoles avancées et à ses infrastructures bien développées. De plus, l’Union européenne et les États-Unis imposent des normes de qualité et des exigences strictes en matière de production bio et de respect des standards phytosanitaires. Ce qui représente un obstacle supplémentaire pour les petits producteurs camerounais.
Les experts du secteur estiment que le Cameroun pourrait tirer parti des accords commerciaux préférentiels avec l’UE. Mais cela nécessiterait une réorganisation profonde de la filière, ainsi que des investissements dans la formation des agriculteurs et dans la modernisation des équipements.
Des solutions possibles : vers une agriculture durable et une meilleure structuration
Pour relancer les exportations d’ananas, certains acteurs plaident pour une structuration plus solide de la chaîne de valeur. Cela pourrait passer par une amélioration des conditions de travail des petits producteurs, l’accès à des crédits pour moderniser leurs infrastructures et des investissements en faveur de la culture biologique. En effet, la demande pour des fruits bio est en pleine expansion, en particulier en Europe. Et le Cameroun a la possibilité de se positionner sur ce créneau.
Le gouvernement camerounais a lancé plusieurs initiatives pour soutenir le secteur. Notamment des programmes de formation pour les producteurs et des subventions pour encourager l’agriculture durable. Toutefois, ces efforts semblent encore insuffisants face aux défis logistiques et économiques de grande ampleur.
les réalités d’un agriculteur local
Auriol Mbakop est un producteur d’ananas reconnu au Cameroun. Ses ananas, sont vendus dans plusieurs villes du pays et exportés à l‘étranger. Toute sa production est contenue sur une centaine d’hectares de terrains, qu’il loue aux villageois de Nkolguen dans la ville d’Awae, dans la région du Centre du Cameroun. Cependant, ces dernières années, son business n’est plus rentable.
“À partir de 2016, nous avons subi des persécutions énormes sur deux campagnes agricoles consécutives en 2016 et 2017, nous avons été chassés sur les terres où nous avons mis beaucoup d’argent en investissement agricole et aujourd’hui, nous sommes lourdement endettés, on a des banques qui nous réclament de l’argent”, raconte le producteur.
Conséquence directe de cette baisse de régime, les transporteurs se font plus rares dans les champs. “Avant, dans les champs, je pouvais faire même 4 à 5 tours par jour, se remémore un chauffeur. Bon, maintenant, je fais à peine 2 tours par jour, il y a quand même beaucoup de baisse”.
Travailler à la production sur place
Si les transporteurs sont touchés par les difficultés d’Auriol, les principaux revendeurs de la ville d’Awae (dans la région du Centre) ont de la peine à accéder aux ananas comme auparavant. Devant ce tableau d’incertitudes et d’inquiétudes, le technicien agricole n’imagine pas abandonner la production d’ananas.
“Jusqu’ici je pense fermement et j’ai toute la conviction que c’est un secteur porteur. Parce que normalement pour qu’on puisse faire décoller un secteur il faut que certains éléments soient réunis, et ici nous avons une masse critique de producteurs, la filière est bien assise. Les exportateurs ont fait beaucoup de travail, c’est un métier qui ne date pas d’aujourd’hui donc je me dis que si certains efforts sont fait sur certains aspects qui constituent encore des rouleaux d’étranglement, le secteur sera très porteur”, se rassure Auriol.[2]
Prochain objectif pour le producteur, relancer la filière partant de la production cette fois vers la transformation sur place de l’ananas.
Conclusion : Une opportunité à saisir
Alors que la demande pour l’ananas ne cesse de croître sur les marchés internationaux, le Cameroun dispose d’un potentiel énorme pour devenir un acteur majeur de cette filière. Mais pour ce faire, des réformes profondes sont nécessaires, tant au niveau des infrastructures que de la qualité des produits.
Seule une action concertée entre le secteur privé, le gouvernement et les partenaires internationaux permettra de faire redécoller les exportations d’ananas camerounais et de profiter des opportunités offertes par les marchés américain et européen.
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Sources :
[1]https://www.investiraucameroun.com/agriculture/1609-21196-ananas-les-exportations-du-cameroun-stagnent-depuis-5-ans-malgre-les-opportunites-sur-les-marches-americain-et-de-l-ue
[2]https://fr.africanews.com/2019/05/29/au-cameroun-des-producteurs-d-ananas-aux-abois/

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