La production de la noix de coco au Cameroun est très faible, confie une source du Minader auprès de Fabrik Aliments. Pourtant le Cameroun regorge un potentiel favorable au développement de la production de noix coco. Pour la rédaction de cet article, Une équipe du Groupe Hectare dirigé par son promoteur l’Ing. Dr. Guy Meli s’est déplacé dans la ville de Kumba, où le commerce de la noix de coco est particulièrement florissant, comme nous l’explique ce commerçant.
INTRODUCTION.
Le cocotier est un grand palmier qui fructifie tout au long de l’année. Il est cultivé dans toute la zone tropicale humide, en région côtière, mais aussi jusqu’à 1000 mètres d’altitude. Il occupe des espaces où d’autres cultures ne peuvent s’adapter. Sa culture a une importance vitale pour des millions de planteurs, qui l’exploite de multiples façons : noix de coco fraîche, huile alimentaire, matériau de construction, combustible , ses déchets sont utilisé comme subtrat de culture en serriculture.
Connu botaniquement sous la dénomination de Cocos nucifera, Le cocotier est un monocotylédone appartenant à la famille à la famille des palmiers. il existe de nombreuses variétés de cet arbre. Le cocotier se révele comme étant le palmier le plus rentable et dont la demande est sans césse grandissante. Elle est originaire de la région indo-pacifique, d’où elle est arrivée en flottant sur les îles polynésiennes aux alentours de –1200 à –1400 avant même que ne s’installent les premiers Polynésiens, d’autres variétés étant apportées par les premiers voyageurs (Lepofsky et al. 1992). Les premiers Européens la rencontrèrent dans toute la Polynésie, hormis en Nouvelle-Zélande, dans l’île de Pâques et l’île de Rapa où les conditions climatiques moins favorables (température plus fraîche, taux d’hygrométrie moins important) ne permirent pas son installation. Elle s’est aujourd’hui acclimatée dans la plupart des pays de la zone tropicale humide du globe, notamment sur les plaines côtières ou les zones de remontée d’eau ou de stagnation d’eau de pluie. Planté à une altitude supérieure à trois cents mètres, sa productivité décroît très sensiblement. Au cameroun les acteurs majeurs de la production sont la CDC (Cameroun developpement cooporation), la plantation de la famille MUKETE avec la Mukete Estates Ltd et quelques pétits agriculteurs.
1- ASPECT BOTANIQUE DU COCOTIER.
Le cocotier est une plante monoïque. La durée et le recouvrement des phases mâle et femelle de l’inflorescence ont été décrits par Sangaré et al. dans un récent article [4]. On ne rappellera ici que les aspects qui influent le plus sur le déroulement des opérations de fécondation. Deux caractéristiques déterminent la date à laquelle il faut isoler l’inflorescence
– la durée. de survie, à l’intérieur du sac d’isolement, d’un grain de pollen mûr (cas d’un pollen étranger présent sur l’inflorescence au moment de l‘ensachage). Elle peut être estimée à 8 jours d’après les résultats d’un essai réalisé en Côte-d’Ivoire sur des mélanges de grains de pollens à des stades divers de maturité. La pose de sac doit donc avoir lieu 8 jours au minimum avant le début de la phase femelle (fécondation) ou de la récolte des épillets (obtentiondu pollen).
– l’intervalle : ouverture de la spathe – début de réceptivité des fleurs femelles. II est de 22 à 24 jours pour les cocotiers Grands (types I et II de Sangaré), de 16 à 21 jours pour les hybrides Nains x Grands et certains Nains Verts (type IV) ; et de 2 à 7 jours pour les autres Nains (type III). Il peut être nul à certaines saisons et sur certains arbres. Sur Nains, la pose du sac devra donc se faire avant la date présumée d’ouverture naturelle de l’inflorescence. Le moment et la fréquence des apports de pollen dépendent : – de la durée de réceptivité d,une fleur femelle. Les observations réalisées en Côte-d’Ivoire montrent qu’elle est de 2,5 à 3 jours pour les cocotiers Grands et de 1,5 à 2 jours pour les Nains. Un seul apport de pollen permet d’assurer la pollinisation de toutes les fleurs pendant 5 à 6 jours de phase femelle sur Grands et pendant 3 à 4 jours sur Nains ; – de la longueur de la phase fenieJJe. – On distingue : les cocotiers à phase femelle longue (supérieure à 13 jours), ce sont tous des Nains, type III de Sangaré, et les cocotiers à phase femelle courte (inférieure à 7 jours), c’est le cas des Grands et de certainsNains Verts, types I, II et IV. Les croisements entre ces 2 catégories se comportent généralement comme des Grands. L’inflorescence de Nain devra donc être pollinisée plusieurs fois.
2- LA PÉPINIÉRE DU COCOTIER.
Nous avons visité une entreprise familiale de production de plants de noix de coco. La responsable nous informe que la noix de coco est un business intéressant dans la ville de Kumba, ses plantes sont très demandés par les agriculteurs. La croissance des plantes demande surtout un suivi en irrigation régulière. La germination des noix de coco est facile ; il suffit de poser la noix sur le sol ou mieux de l’enterrer à moitié après avoir entaillé la bourre. Selon la variété, et les conditions de culture, le cocotier commence à fructifier entre 4 et 7 ans.

3- LE COCOTIER.
Les feuilles, ou palmes, sont émises en continu à partir d’un bourgeon terminal unique, le cœur. La couronne foliaire est composée d’une trentaine de palmes vertes. Chaque palme mesure 4 à 7 mètres de long et porte environ 200 folioles de part et d’autre du rachis. Le tronc, ou stipe, a une croissance continue en hauteur. Plus il a de stries, plus il est âgé. Sa base prend naissance sur un cône renversé, appelé « plateau racinaire », d’où partent 3 000 à 5 000 racines primaires ramifiées qui assurent un ancrage parfait du cocotier contre les vents violents.
Les inflorescences sont composées d’épillets portant des fleurs femelles à leur base et des fleurs mâles à leur extrémité. Les fruits, situés à l’aisselle de chaque palme, sont des drupes, communément appelés noix de coco.
La noix de coco se compose d’un épiderme lisse de coloration variable en fonction de la variété et du stade de maturation, recouvrant une épaisse couche fibreuse, connue sous le nom de « bourre ». Sous la bourre se trouve la graine elle-même : une noix à coque très dure. La coque est tapissée intérieurement par l’albumen, amande blanche oléagineuse, d’épaisseur variable. Une grande cavité contient un liquide stérile appelé « eau de coco ». Ce liquide est la réserve d’eau douce de la noix, destinée à lui permettre de germer quelles que soient les conditions extérieures : eau saumâtre, plage désertique… pourvu, bien sûr, que la température s’y prête. Certaines variétés, comme le Macapuno des Philippines et le Kopyor de Java, ne produisent pas d’albumen, mais une gelée qui occupe tout l’intérieur de la noix. Leurs noix sont très recherchées pour confectionner des desserts.
On recense 710 variétés de cocotiers dans le monde, qui se distinguent par leurs caractères morphologiques et leur adaptation à des écologies variées. Pour la recherche, cette diversité constitue une richesse potentiellement exploitable pour la sélection de variétés résistantes aux maladies et la création de cultivars hybrides. Ces variétés sont conservées dans des collections vivantes implantées dans les 38 pays du réseau Cogent (International Coconut Genetic Resources Network).
4 – COTIERS NAINS ET GRANDS COCOTIERS.
Il existe deux groupes principaux de cocotiers : les Nains et les Grands.
Les cocotiers Nains dépassent rarement 12 mètres de hauteur. Ils commencent à fructifier dès 4 ans après la plantation et produisent de petites noix. La récolte est facile du fait de leur taille réduite. Par ailleurs, les Nains sont souvent utilisés comme arbres mères pour la production d’hybrides. Ils sont précoces, mais fragiles, on les trouve souvent près des habitations. Les noix sont de couleurs variées, très vives : jaune, orangé, rouge, bronze, brun, vert.
Les cocotiers Grands peuvent atteindre 25 à 30 mètres de hauteur. Ils produisent des noix plus grosses, commencent à fructifier après 7 à 10 années de culture et restent productifs jusqu’à plus de 100 ans.
Pour cultiver le cocotier, la nature du terrain importe peu. On trouve le cocotier en bordure de mer, sur sable pauvre, là où il trouve soleil et vent chargé d’embruns salés. On peut même le fertiliser avec du sel, qui a un effet bénéfique sur la taille de l’amande.
C’est une plante qui croît, fleurit et fructifie toute l’année. A complète maturité, les noix finissent par se décrocher du régime et tombent au sol où elles sont ramassées régulièrement. On pratique normalement 6 récoltes par an, mais dans les plantations familiales la fréquence est rythmée par les événements : passage du bateau sur l’île, besoins d’argent en vue de la rentrée scolaire, d’un achat particulier… Cependant, comme le processus de germination commence dès la chute du fruit, une récolte trop tardive conduit à un taux élevé de noix germées inutilisables.
Le cocotier est souvent associé à d’autres cultures comme le bananier, le giroflier, le cacaoyer et toutes les cultures vivrières locales. Près des habitations, il fournit un ombrage favorable à la culture des légumes et des plantes médicinales.
5- DES MALADIES ET DES RAVAGEURS.
De nombreux bioagresseurs sont préjudiciables aux cocotiers. Les insectes s’attaquent au bourgeon terminal, aux feuilles, au stipe, aux racines, aux inflorescences ou aux fruits. Les champignons parasites, tels que Phytophthora katsurae et P. palmivora, provoquent la pourriture des noix immatures et du bourgeon terminal, en Asie du Sud-Est, en Afrique et dans la Caraïbe. Les rats et les crabes de cocotiers peuvent aussi occasionner des dégâts aux noix et les hordes de sangliers détruire les jeunes plantations en une seule nuit.
Une maladie, le jaunissement mortel, causée par un micro-organisme appelé phytoplasme, provoque des dégâts considérables et décime de nombreuses cocoteraies à travers le monde.
6- LES DIFFICULTES DE LA CROISSANCE DE LA FILIÉRE DE NOIX DE COCO AU CAMEROUN.
Malgré le potentiel agricole du Cameroun, le pays se trouve confronté à plusieurs facteurs qui ralentissent la croissance de la chaine de valeur autour du cocco. On peut citer entre autre: le faible niveau de formation des producteurs, un accès très difficile aux financements, une absence de structure d’accompagnement et d’incitation à la production, une faible structuration des entreprises agricoles locales, la concurrence d’autres plantes oléagineuses ; le vieillissement des cocoteraies existant ; les conséquences de la jaunisse du cocotier ; une forte demande de noix décortiquées venue du marché Guinéen ; le manque de dynamisme de son organisation institutionnelle, et surtout une très faible implication des techniciens, consultants et acteurs des filières agricoles au profit des fonctionnaires qui parfois ne maîtrisent pas grand chose des réalités du terrain et bloquent l’accès à l’information sur les programmes agricoles du pays, favorisant des amis, des connaissances et des hommes d’affaires non actif dans la production agricole mais très à l’afflux des programmes agricoles du gouvernement. Le média Fabrik Aliments en tant jouer son rôle capital dans l’accessibilité à l’information agroalimentaire pour tous.
LIENS UTILES.
- APCC (Asian Pacific Coconut Community)
- CNRA (Centre national de recherche agronomique, Côte d’Ivoire)
- Embrapa (Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecuária, Brésil).
- Cri-Catas (Coconut Research Institute, Chinese Academy of Tropical Agricultural Sciences, Chine)
- COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DE LA NOIX DE COCO (ICC)
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LIRE AUSSI : Le chitosane comme outil de lutte contre les insectes nuisibles (Partie 1)
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Références
[1] Le bled parle https://www.lebledparle.com/biographie-retour-sur-le-parcours-de-nfon-victor-mukete-qui-celebre-ses-100-ans/
[2] BARRAU J. Les hommes et leurs aliments. Esquisse d’une histoire écologique et ethnologique de l’alimentation humaine, Messidor, Temps actuels, Paris, 1983 – BARRAU J.
[3] COCOTIER. LE CIRAD
[4] SANGARE A., ROGNON F., NOCÉ de LAMOTHE M. de (1978). – Les phases mâles et femelles de l’inflorescence de cocotier. Influence sur le mode de reproduction. Oléagineux, 33, N° 12, p. 609-617.

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