Le piment ( Capsaïcine), ce condiment prisé à travers le monde est l’une des 40 espèces légumière les plus produits dans le monde entier[1]. Il est non seulement un élément clé dans de nombreuses cuisines mais aussi très riche en vitamines C. Par conséquent, sa culture horticole délicate bien que lucrative est menacée par une multitude de maladies et de ravageurs qui peuvent compromettre la qualité et le rendement des récoltes.
Cet article vous propose une synthèse des principaux ennemis du piment, les signes pour les identifier, et surtout les méthodes de lutte intégrée pour une production durable.
1- Définitions
Dans la culture du piment (et plus largement en phytopathologie), maladies et ravageurs désignent deux types de menaces très différentes :
A . Maladies du piment
Les maladies sont causées par des agents pathogènes microscopiques ou biologiques qui infectent la plante. Leurs origines peuvent être des champignons. On peut citer en autres le Colletotrichum, Fusarium et le Rhizoctonia. On a aussi des origines bactériens comme le Xanthomonas et le campestris. Les maladies peuvent aussi avoir comme origine les virus (ex. : TMV – virus de la mosaïque du tabac) et les Nématodes phytoparasites (ex. : Meloidogyne spp.).
Mode d’action :
Les agents pathogènes pénètrent dans les tissus de la plante (racines, feuilles, tiges ou fruits), s’y développent et provoquent des symptômes : flétrissement, pourriture, taches, mosaïques, déformations, etc.

▶️ Exemples :
- L’anthracnose (taches brunes sur les fruits)
- Le flétrissement bactérien
- Le virus de la mosaïque du concombre (CMV)[2]
B- Ravageurs du piment
Les ravageurs sont des organismes animaux, le plus souvent visibles à l’œil nu, qui endommagent mécaniquement la plante en se nourrissant de ses parties.
▶️ Types principaux :
Insectes : pucerons, thrips, mouches des fruits, chenilles
Acariens : tétranyques, tarsonèmes
Nématodes : (peuvent être considérés comme maladies ou ravageurs selon les classifications)
▶️ Mode d’action :
Ils se nourrissent de la sève, des feuilles, des tiges, des racines ou des fruits. Certains ravageurs sont également vecteurs de maladies virales (ex. : les thrips transmettent le TSWV).
▶️ Exemples :
- Les pucerons (Aphis gossypii) sucent la sève et transmettent des virus.
- La mouche des fruits pond ses œufs dans les fruits, causant leur pourriture.[3]
En résumé :
| Critère | Maladies | Ravageurs |
|---|---|---|
| Nature | Pathogènes (champignons, virus, bactéries) | Organismes animaux (insectes, acariens, nématodes) |
| Action | Infection interne de la plante | Attaque physique ou succion de sève |
| Symptômes | Pourritures, taches, déformations, flétrissements | Galeries, piqûres, trous, fruits abîmés |
| Transmission | Par le sol, l’eau, le vent, les outils | Par déplacement actif ou passif (souvent volants) |
| Traitement | Fongicides, bactéricides, résistances génétiques | Insecticides, filets, lutte biologique |
Egalement disponible: Généralités sur la culture de piment
2- Les maladies et les ravageurs dans la culture du piment
A- Maladies
Les maladies affectent toutes les parties de la plante : les semis, les feuilles, les tiges, les racines et les fruits. Leur apparition est généralement favorisée par des conditions agroécologiques spécifiques (humidité élevée, températures chaudes, sol mal drainé), mais aussi par des pratiques culturales inadaptées (non-rotation, forte densité, usage excessif d’intrants).[4]
Pour limiter leur impact, il est crucial que les producteurs sachent reconnaître les symptômes caractéristiques de chaque maladie et mettent en place des stratégies de prévention et de lutte intégrée. Cela inclut l’utilisation de semences saines, le respect des rotations culturales, l’adoption de variétés tolérantes, et le recours raisonné aux produits phytosanitaires ou biologiques.
- Fusariose (Fusarium oxysporum) caractérisé le flétrissement des plantes, jaunissement des feuilles, et pourriture des racines.
- Rouille (puccinia spp.) caractérise parles taches orange brun sur les feuilles.
- Virus du mosaïque du tabac :caractérisé par la déformation et la réduction de la taille des fruits.
- Mildiou (phytophthora apsici) caractérisé par les taches sombres sur les feuilles, le flétrissement et la pourriture des fruits[5]
B- Ravageurs
La culture du piment, comme toute culture maraîchère, est fortement exposée aux attaques de nombreux ravageurs, qui représentent une menace majeure pour la productivité et la qualité des récoltes. Ces bioagresseurs, principalement des insectes et des acariens, s’attaquent aux feuilles, tiges, fleurs, fruits et racines du piment, provoquant des dégâts directs (perforations, succion, déformations) et parfois indirects en transmettant des maladies virales.
Les conditions chaudes et humides, typiques des zones tropicales et subtropicales, favorisent la prolifération rapide de ces ravageurs, surtout en cas de pratiques agricoles inappropriées : monoculture, absence de lutte préventive, non-utilisation de filets ou de haies brise-vent, etc.
Parmi les ravageurs les plus fréquents, on retrouve les pucerons, thrips, mouches des fruits, chenilles défoliatrices, ainsi que divers acariens. Chacun possède un cycle biologique, un mode d’action et une dynamique de population qu’il est essentiel de connaître pour mettre en place une lutte intégrée efficace, combinant méthodes culturales, biologiques et, si nécessaire, chimiques.
Le piment est sensible a plusieurs maladies et ravageurs qui peuvent affecter sa croissance , sa qualité et son rendement. Voici en quelque sorte les principales maladies qui touchent cette culture.
- Les pucerons généralement attires par des jeunes tiges et bourgeons, ils affaiblissent la plante en diminuant la sève[6]
- Les mites sont des insectes qui se cachent souvent sous des feuilles.
- Les thrips sont des insectes minuscules qui se nourrissent des plantes.
- Les chenilles qui se nourrissent des feuilles.
- Nématodes sont des vers microscopique qui attaquent les racines.
3. Approche de lutte intégrée
La lutte intégrée (ou IPM – Integrated Pest Management) est une approche stratégique de la protection des cultures qui vise à minimiser les pertes économiques causées par les ennemis des cultures (maladies, ravageurs, adventices), tout en réduisant l’usage excessif de pesticides chimiques et en préservant l’environnement et la santé humaine.
Dans la culture du piment, l’IPM repose sur la combinaison raisonnée de plusieurs méthodes complémentaires : préventives, culturales, biologiques, physiques et chimiques, appliquées de manière coordonnée et durable.[7]
Une stratégie efficace repose sur la lutte intégrée qui combine plusieurs approches durables :
| Approche | Description |
|---|---|
| Préventive | Semences saines, rotation culturale, fertilisation équilibrée |
| Cultural | Espacement optimal, désherbage régulier, paillage |
| Biologique | Utilisation d’organismes antagonistes (Trichoderma, Bacillus), insectes utiles |
| Chimique raisonnée | Traitements en dernier recours, respect du seuil de nuisibilité |
| Suivi et diagnostic | Observation régulière, pièges, carnets de santé des champs |
✅ Étapes clés de la mise en œuvre de l’IPM dans un champ de piment
- Planification avant culture : – Analyse du sol, sélection de variétés tolérantes, semences certifiées – Choix d’un site bien drainé et bien aéré
- Surveillance régulière : – Inspection des plantes au moins 2 fois par semaine – Utilisation de fiches d’observation, repérage des premiers symptômes
- Intervention graduée : – D’abord des actions douces (piégeage, agents biologiques, décoctions) – En dernier recours, traitement chimique raisonné selon le seuil de nuisibilité[8]
- Évaluation après traitement : – Vérification de l’efficacité des mesures – Ajustements pour les cycles suivants
Conclusion
La gestion des maladies et ravageurs du piment ne peut être efficace que si elle est globale, préventive et durable. Le recours systématique aux pesticides n’est ni suffisant ni sans conséquence. Il est crucial de renforcer les capacités des producteurs, de promouvoir l’utilisation de variétés résistantes et d’encourager les bonnes pratiques agricoles dans chaque étape du cycle de culture.
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Sources:
[1] Insectes ravageurs du piment Capsicum chinense Jacq. (Solanaceae) à Port-Bouët (Abidjan-Côte d’Ivoire) : Pratiques de lutte par les pesticides chimiques DOI:10.4314/jab.v93i1.1
[2] Agrios, G.N. (2005). Plant Pathology (5th ed.). Elsevier Academic Press.
[3] AVRDC – The World Vegetable Center (2021). Pepper Production and Protection Guide.
[4] Insectes ravageurs du piment Capsicum chinense Jacq. (Solanaceae) à Port-Bouët (Abidjan-Côte d’Ivoire) : Pratiques de lutte par les pesticides chimiques, DOI:10.4314/jab.v93i1.1
[5] FAO (2019). Integrated Pest Management in Vegetable Production.
[6] https://www.gammvert.fr/conseils-idees/mes-piments-sont-malades
[7] IRAD Cameroun (2020). Fiche technique sur la culture du piment.
[8] CABI Crop Protection Compendium. www.cabi.org/cpc

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