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Selon le rapport sur le commerce extérieur du Cameroun en 2023 publié par l’ Institut national de la statistique (INS), les importations de maïs effectuées par le Cameroun sont reparties à la hausse au cours de l’année 2023, atteignant 39 991,3 tonnes. Ce qui a induit l’expatriation de 7,8 milliards de FCFA et progresse de 27 835 tonnes soit 229% en glissement annuel par rapport aux 12 156,2 tonnes de cette céréale exportées par le Cameroun en 2022. Où l’on subissait une baisse de 64,4% en glissement annuel ainsi le Cameroun enregistre son plus gros volume d’importation de maïs au cours de la période de 5 ans allant de 2018 à 2023.

La culture du maïs est très rentable car elle entre dans plusieurs circuits industriels et est une denrée de base dans plusieurs ménages. C’est ce que le Minader confirme en 2019 : « la demande est en forte croissance dans la filière. Elle est estimée à 2,8 millions de tonnes en 2019 pour une production nationale de 2,2 millions de tonnes ».
1.Impact de cette culture sur le Produit Intérieur Brut (PIB) du Cameroun
Le Cameroun est le 13ème producteur africain de cette céréale consommée par plus de 12 millions de personnes soit les deux tiers de la population du Cameroun.

*Crédit photo : Direction générale du trésor français ( Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique)*
La culture du maïs est effectuée par 700.000 exploitations familiales, artisanales et modernes et est la troisième denrée alimentaire produite au Cameroun. Ceci après le manioc et la banane plantain où Il contribue pour plus de 150 milliards FCFA au Produit intérieur brut (PIB).
Le gouvernement a mis en place en 2019 le Programme national d’appui à la filière maïs (PNAFM) avec pour objectif, l’augmentation de la production nationale de cette denrée de l’ordre de 40.000 tonnes par an [1]. Il est ainsi important de bien choisir sa semence de maïs, gage d’une bonne rentabilité économique.
2. Les différentes semences de maïs presents au Cameroun
La faible productivité des exploitations agricoles en Afrique subsaharienne notamment au Cameroun est due en partie aux faibles taux d’adoption des innovations proposées par la recherche agricole [2]. Nous avons donc principalement :

*Crédit photo : Réseau de semences paysannes*
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D’un côté, les semences Paysannes:
Les semences paysannes à l’instar du maïs pop font face à un abandon sérieux au Cameroun. En effet, au Cameroun, il existe une loi semencière datant de 2001, qui ne prend pas en compte la promotion des variétés paysannes [3]. Cette loi a favorisé la perte de la souveraineté alimentaire. A cet effet, des paysans africains sont engagés dans un infatigable combat pour la reconnaissance par les États des semences traditionnelles produites à partir des pratiques agro-écologiques qui limitent le recours aux intrants externes.
C‘est-a-dire (engrais chimiques et pesticides), pour tenter de contrer le diktat des semences hybrides soutenues par l’agriculture industrielle. Au Cameroun, la Foire des Semences Paysannes du Cameroun (FOSPAC) organisée l’an dernier à Esse du 24 au 26 février, a donné l’occasion aux acteurs ruraux d’exposer leur savoir-faire dans la production, la conservation et la promotion des semences locales [4]. De quoi découvrir, créer des réseaux et encourager la réalisation des banques de semences paysannes pour les rendre accessible et disponible dans tout le pays.
Du point de vue du Dr Samuel Nanga Nanga, Ingénieur agronome et chercheur à l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) du Cameroun. La réticence des gouvernements africains à l’adoption des systèmes semenciers paysans pourrait se justifier par le rendement marginal dont est tributaire la variété paysanne sous un prisme purement économique. « C’est à travers la semence paysanne qu’on améliore un certain nombre d’éléments pour obtenir la variété améliorée. On doit la protéger parce qu’elle fait partie de notre patrimoine phyto-génétique. Cependant, d’un point de vue économique, les rendements avec les semences paysannes sont très faibles à la production. Et ainsi ne peuvent pas suffire pour pouvoir garantir la sécurité alimentaire », explique-t-il en précisant que la résilience des variétés traditionnelles aux changements climatiques ne saurait être clairement établie sans l’amélioration des gènes.
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De l’autre côté, les semences améliorés:
Elles sont plus prisées parfois dans l’exclusivité en fonction des pays en Afrique, comme le Cameroun.
Pour le Dr Samuel Nanga Nanga, « Dans la variété améliorée, on recherche parfois l’adaptabilité aux changements climatiques, la résistance aux maladies ravageuses, le rendement voire la conservation. Ce qui est intéressant avec les semences améliorées, c’est qu’on a toutes les caractéristiques : on peut identifier facilement les variétés génitrices. On peut faire la description de la variété améliorée. Alors qu’avec les variétés locales, on n’en sait pas grand-chose. On ne peut pas faire des prévisions exactes sur le rendement. La pureté de la variété n’est pas conservée s’il y a pollinisation, or ce que nous recherchons dans la variété, c’est la pureté ».
D’après les responsables filière maïs de l’IRAD, «l’institut produit en moyenne 300 tonnes de semences améliorées de maïs par an» qui impacte la culture de cette céréale dans les cinq zones agro-écologiques du Cameroun [5].
La variété de maïs KASSAI (CHC201) est une variété célèbre auprès des agriculteurs particulièrement dans les sols des hautes altitudes de l’Ouest Cameroun, en condition d’une fertilisation adéquate (Mukendi et al., 2017). Pour mémoire, la variété COCA SR (une composite de couleur blanche tolérante aux maladies foliaires d’altitude et à la striure), créée en 1990 et protégée depuis 2012 a été a valu une médaille en or au Cameroun. C’était lors de la 44 ème édition du Salon international des inventions de Genève (Suisse), le 13 au 17 avril 2016.
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3. Comment Choisir sa semence de maïs au Cameroun ?
1. La couleur du maïs à produire
Nous avons particulièrement le maïs dit “jaune” prisée dans la consommation pour son apport en nutriments un peu plus large que le maïs dit “blanc” et très sucrée après grillage. Le Maïs dit “blanc” quant à lui pour sa couleur blanche appréciée en industrie de transformation et avicole pour la plus part du temps.
2. Le prix de la semence de maïs à cultiver
Le choix du prix est fonction des attentes de l’agriculteur, notamment le marché vers lequel il est destiné ( consommation par les ménages ou importations et/ou industries agroalimentaires). Ce qui influence la rentabilité dû au prix d’achat final de ce marché. En outre on a aussi des facteurs déterminants comme la superficie cultivée en maïs, le contact avec les services de vulgarisation agricole et le mode d’accès à la terre d’où l’importance d’un accompagnement quand on est novice.
L’itinéraire technique est généralement donné par le producteur et/ou vendeur de semences lors de l’achat de la semence ou sur l’emballage. Mais cette dernière peut s’avérer incomplète si l’on n’a pas d’expérience ou une formation de base dans la culture du maïs au Cameroun. Il faudra juger la qualité du sol, la préparer et l’enrichir en éléments essentiels à chaque étape de croissance. Connaître le mode de semis pour une production optimale, si la semence tolère d’autres cultures, comment entretenir la culture. Connaître les différents difficultés qui peuvent surgir pendant la culture et comment les éviter et/ou traiter, connaître les méthodes de récoltes tolérables par la semence. S’informer sur le marché pour vite écouler sa récolte et maîtriser la conservation de la semence ainsi que le rendement de production par génération de culture.
Les experts de L’ IRAD Cameroun, recommandent pour une agriculture durable, de ne pas brûler régulièrement les résidus des récoltes de campagne antérieure. Pour un semis conséquent, les experts prescrivent 20 à 25 kg de semences à l’hectare. n les données disponibles, produite sur environ 9 millions d’hectares.
3. La rentabilité à l’hectare de la semence de maïs à choisir
Les variétés hybrides et/ou améliorées sont les plus sollicités.
La variété de maïs KASSAI (CHC201) est supposée présenter des rendements entre 5 -7 tonnes/ha dans les sols des hautes altitudes de l’Ouest Cameroun, en condition d’une fertilisation adéquate (Mukendi et al., 2017). Ce résultat est obtenu ici avec la fertilisation à 120 kg N/ha du 20-10-10.
Il faut également le nombre d’épis qui seront produits par pied.
4. L’itinéraire technique pour la semence de maïs choisi à cultiver
5. La disponibilité de la semence de maïs à cultiver sur le marché
Très important pour ne pas changer de semence à chaque production si cette dernière s’avère efficace.
4. Les principaux consommateurs de maïs au Cameroun et leurs dérivés phares.
Nous avons les brasseries camerounaises avec la bière comme produit phare et les entreprises qui produisent de la farine de maïs et aliments locaux pour bébés. Ensuite les éleveurs industriels et petits éleveurs où le maïs reste l’élément de base dans la composition de l’aliment des animaux (porcs, volailles, lapins, escargots…etc.). Puis les ménages dans les régions du Cameroun (couscous, bouillie de maïs, Sangha, Corn tchap, mets de mais frais et sec…etc). Et enfin les pâtissiers, boulangeries et biscuiteries qui introduisent la farine de maïs comme intrant pour leurs productions pour ne citer que ceux-ci.
Les consommateurs internationaux jouent également un rôle important dans la croissance de ce secteur que ce soit par l’entrée de nouvelles semences où l’achat du maïs en grain ou farine.
Ainsi donc produire du Maïs au Cameroun est une filière prometteuse avec une recherche et amélioration continue des semences , d’où l’intérêt de bien choisir sa semence et maîtriser sa productivité.
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Sources:
[1]. Ecomatin.net (https://ecomatin.net/production-de-mais-le-cameroun-deficitaire-de-06-millions-de-tonnes)
[2]. Déterminants socio-économiques et institutionnels de l’adoption d’innovations techniques concernant la production de maïs à l’ouest du Cameroun par Mabah Tene Gwladys Laure, Havard Michel, Temple Ludovic. 2013. Tropicultura, 31 (2) : 137-142.
[3].Mongabay (https://fr.mongabay.com/2024/05/les-agriculteurs-pronent-la-certification-des-semences-traditionnelles-pour-combattre-le-changement-climatique/?amp=1)
[4]. La voix du paysan ( https://www.lavoixdupaysan.net/cameroun-les-semences-paysannes-celebrees-a-esse/)
[5]. Média terre (https://www.mediaterre.org/actu,20190121133412,6.html)

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