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Les planteurs font feu de tout bois et accusent l’administration de la Société de développement de coton (Sodecoton). Des accusations de manœuvres avilissantes dans l’activité de production, notamment de définir unilatéralement le prix du kilogramme de coton graine. Mais aussi d’avoir inféodé les organisations des producteurs pour en imposer des leaders.
Filière du coton: les réalités du terrain
Le climat est tendu ces dernières semaines entre les producteurs de coton et la Société de Développement de coton (Sodecoton). Le mastodonte de l’agro-industrie dans le Septentrion, pour des malentendus liés à l’activité de production. Des producteurs font feu de tout bois ces derniers temps et tancent vertement l’administration de la Sodecoton, qu’ils accusent d’être à l’origine des manœuvres ne leur permettant pas de tirer profit de leur activité. L’une des pommes de discorde porte sur les intrants agricoles, notamment les engrais fertilisants et les urées. Les planteurs dénoncent un renchérissement excessif des prix des engrais fertilisants commercialisés actuellement sur le marché local à 34 000 FCFA, ce qui entraine des surcoûts de production alors que le prix du kilogramme de coton graine n’est pas réévalué par la Sodecoton.
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« Quand la Sodecoton aura l’engrais, ça va coûter légèrement moins cher par rapport aux prix pratiqués sur le marché. Par exemple, l’urée était vendue à Garoua l’année passée à 17 000 FCFA, et aujourd’hui, c’est passé à plus de 40 000 FCFA. Par conséquent, pour le petit paysan, ce n’est plus évident. Et l’engrais qui coûtait 18 000 FCFA le sac de 50kg, est vendu aujourd’hui à 34 000 FCFA », renseigne un cadre de la Sodecoton joint par EcoMatin. Les prix des intrants ont augmenté de plus de 100% pour l’urée et de 89% pour les engrais, en raison de la crise russo-ukrainienne qui perturbe sérieusement les chaines d’approvisionnement en matières premières. En 2020, la Russie était le premier fournisseur d’engrais du Cameroun pour une valeur de 16,4 milliards de FCFA.
Reforme
Face à cette situation, les producteurs, qui ont déjà commencé à commercialiser leurs récoltes dans les pays voisins entendent les accentuer. « Concernant le coton qui serait vendu à l’étranger, c’est toujours le réflexe de survie. Qui de vous à moi, peut refuser de vendre son coq à un étranger à 3.000 Fcfa quand votre propre famille vous propose 2.000 Fcfa ? », a récemment déclaré Alexis 1er Ayang Djondandi, l’un des producteurs, dans les colonnes du quotidien « Le Messager » du 11 mai 2022. En effet, le ton est également monté entre la Sodecoton et les producteurs en raison d’une réorganisation chez les producteurs, notamment du passage des GIC à la coopérative, ce qui induit forcément quelques réaménagements, mal perçus par les producteurs, qui accusent la direction générale de la Sodecoton d’avoir inféodé les organisations des producteurs, en l’occurrence la Confédération nationale des producteurs du coton du Cameroun (Cnpc-c).
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Ingénieur Agronome, Docteur en Agri-Food, Entrepreneur, Formateur et Coach Business. Il est le Fondateur du média Fabrik Aliments, et de l’école de formation Hectare Academy. Il est diplômé de l’université de pise en Italie et de l’école supérieur d’agriculture d’Angers en France. Il a participé à la formulation de plusieurs produits alimentaires, à la construction et à l’organisation industrielle des TPE, PME, et entreprises agroalimentaires au Cameroun et en Afrique subsaharienne. Il a conseillé et assister le gouvernement du Cameroun dans la préparation de la documentation pour la certification IGP des produits alimentaires locaux.