Bernard Njonga a marqué le Cameroun par une trajectoire rare où l’expertise agronomique s’est muée en plaidoyer citoyen puissant. Ingénieur agronome formé à Dschang, il commence sa carrière à l’institut de Recherche Agricole pour le Developpement. Puis, il fait le choix du terrain pour s’engager aux côtés des producteurs. Il est devenu par la suite l’une des voix les plus écoutées sur la souveraineté alimentaire, la gouvernance des filières et la protection des consommateurs. Son décès le 21 février 2021 a rappelé l’ampleur de son héritage et la centralité de ses combats dans le débat national sur l’agriculture et la transparence publiques.
Bâtisseur d’organisations et de médias paysans.
Bien avant de devenir une figure nationale, Bernard Njonga a posé des fondations durables. Il contribue à créer des structures d’appui au développement local, fonde le journal La Voix du Paysan pour documenter ses connaissances. Mais aussi vulgariser l’information et les pratiques agricoles. Puis il prend la tête de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC) en 2003. Ce triptyque, appui technique, information indépendante, mobilisation citoyenne lui permet d’articuler des solutions concrètes aux enjeux de gouvernance et de marché qui freinent la compétitivité des exploitations familiales.
La lutte contre la corruption dans les filières vivrières.
À partir de la seconde moitié des années 2000, Njonga et l’ACDIC mènent des investigations retentissantes sur les subventions au maïs et la gestion des deniers publics dans l’agriculture. Leurs alertes sur des pratiques frauduleuses et des circuits opaques provoquent des remous au sein de l’appareil d’État. Ceci a mis en lumière l’impact direct de la corruption sur l’offre alimentaire, au point que des instances officielles reconnaissent le risque de crise vivrière. En plaçant la redevabilité au cœur du débat, Njonga a contribué à faire de l’intégrité un facteur aussi décisif que la pluviométrie ou l’accès aux intrants dans la sécurité alimentaire.
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La défense des producteurs face aux importations déstabilisatrices.
Dans un contexte d’importations massives de denrées transformées, il s’est illustré par des campagnes en faveur de la consommation locale. Mais aussi par la dénonciation d’importations qui fragilisaient des filières nationales, notamment la volaille. Son discours, toujours fondé sur les coûts de revient, l’emploi rural et la qualité sanitaire, a aidé à re-légitimer les chaînes locales auprès des consommateurs urbains. Mais aussi à replacer la valeur ajoutée nationale au centre des politiques de marché.
Un contrepoids aux choix technologiques non concertés.
Sur le dossier des OGM, Njonga a incarné une vigilance démocratique. Il ne s’agissait pas de s’opposer par principe à l’innovation. Mais plutôt de rappeler que les arbitrages technologiques engagent la santé publique, la biodiversité, le pouvoir de négociation des paysans et la souveraineté semencière. En exigeant des évaluations transparentes et des débats pluralistes, il a contribué à ralentir des décisions hâtives. Et par ailleurs à replacer les impératifs de sécurité alimentaire et de choix informé au premier plan.
Climat, semences et résilience des territoires.
Soucieux d’offrir des alternatives, il a promu la reconquête semencière et la mise à niveau des systèmes de production face aux stress climatiques. En plaidant pour des fermes semencières adaptées aux conditions agro-climatiques locales et pour l’amélioration des pratiques, il a montré que la résilience n’était pas un slogan. Mais un chantier technique, institutionnel et économique à mener avec les producteurs eux-mêmes. Cette vision a infusé dans des initiatives concrètes visant à sécuriser les récoltes et à réduire la dépendance aux importations.
Un engagement citoyen qui a bousculé l’espace public.
Parce que ses combats heurtaient des intérêts puissants, Njonga a affronté intimidations, interpellations et poursuites. L’épisode de décembre 2008, où des militants d’ACDIC sont brutalisés lors d’une mobilisation pacifique, a illustré le prix de la parole citoyenne et l’importance de l’État de droit pour que les réformes adviennent. En assumant ce coût, il a ouvert la voie à une génération d’acteurs associatifs plus aguerris aux méthodes d’enquête, de communication et de plaidoyer.
Du plaidoyer au projet politique
Convaincu que certaines transformations exigent un mandat démocratique, Bernard Njonga franchit le pas politique. Il fonde Croire au Cameroun avant d’annoncer son intention de concourir à la présidentielle de 2018. Si sa candidature n’a pas pesé dans les résultats finaux, elle a donné une traduction institutionnelle à des thématiques longtemps cantonnées dans la société civile. Il s’agit de la transparence, de la souveraineté alimentaire, de l’industrialisation des filières et la dignité des producteurs. Ce passage du champ associatif au champ partisan a, surtout, ouvert un espace programmatique où l’agriculture n’est plus une rubrique, mais un pilier de projet de société.
Une postérité faite d’outils, d’idées et d’exigence.
Ce que Bernard Njonga a fait pour le Cameroun tient autant aux structures qu’il a construites qu’aux réflexes qu’il a ancrés. Demander des comptes à ceux qui gèrent des biens publics d’une part. D’autres parts relier science agronomique et justice sociale, préférer la solution locale éprouvée à la dépendance importée, et former des coalitions capables d’arracher des avancées concrètes. Son influence se mesure aujourd’hui dans la vitalité des réseaux paysans. Mais aussi dans la prudence éclairée des choix technologiques et dans la conviction, partagée bien au-delà des cercles militants, que la sécurité alimentaire commence par la bonne gouvernance.
Un impact puissant sur la jeunesse Camerounaise.
Son engagement, son travail et sa détermination à développer le secteur agricole ont inspiré plusieurs jeunes Camerounais, notamment le docteur Guy Meli qui, dans la même continuité, a fondé le Groupe Hectare. La mission du Groupe Hectare est d’accompagner la croissance du secteur agricole et agroalimentaire camerounais grâce à l’information avec Fabrik Aliments. Mais aussi aux conseils et à l’accompagnement avec le cabinet Hectare Consulting, à la formation avec Hectare Academy. C’est l’école des métiers des agricultures, de l’agroalimentaire et des arts culinaires. En signe de reconnaissance et de respect de l’engagement de Bernard Njonga, nous avons dédié et intitulé notre salle de projet & média “LA SALLE BERNARD NJONGA” dans notre siège de Douala. Dans les prochains mois un concours de meilleure thèse agricole organisé par le Groupe Hectare permettra de féliciter et d’encourager les jeunes à travailler pour l’excellence agricole du Cameroun.

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Références
Pour cerner la richèsse de l’itinéraire de Bernard Njonga, on peut s’appuyer sur sa notice biographique et les hommages parus à son décès. Ils retracent son parcours, ses organisations et ses combats prioritaires. Ces sources reviennent notamment sur sa formation, sur sa direction d’ACDIC et sur son action en faveur de la souveraineté alimentaire.
Des enquêtes et dépêches contemporaines éclairent les dénonciations de corruption dans la filière maïs et leurs conséquences sur la sécurité alimentaire. Tandis que des reportages et analyses replacent ses positions sur les OGM et la consommation locale dans les controverses technologiques et économiques des années 2000–2010. Enfin, des articles consacrés aux réponses climatiques dans l’agriculture camerounaise et des documents sur les libertés publiques fournissent le contexte de ses mobilisations et des pressions subies par la société civile.

Direction des Opérations de Bonabéri, Douala, Cameroun.
Nos missions :
Analyser les tendances et les évolutions des secteurs agricoles, d’élevages et agroalimentaires au Cameroun et en Afrique centrale. Étudier et rédiger des articles d’analyses, des actualités, des fiches techniques et des itinéraires de production.
Collaborer avec des chercheurs, des universitaires et des professionnels du secteur pour des articles de fond. Accompagner les agriculteurs, les éleveurs et les industriels du secteur agricole, agroalimentaire et agro-industriel dans la création et le développement d’entreprises.
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Courriel : hectareconsulting@gmail.com
Whatsapp : +393894246360 / +237 659156947
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Adresse 2 : 4 étages Bonaberi, Douala, Cameroun.