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La production des cafés verts est assurée dans huit des dix régions administratives du Cameroun. Avec une concentration dans les régions du Littoral et de l’Ouest qui assurent près de 92% de la production nationale de café robusta. Par contre, la production de café arabica est confinée dans les régions du Nord-Ouest et de l’Ouest [1]. Des investigations menées, il résulte que le caféier est présent dans 140 arrondissements, soit un taux de couverture d’arrondissement de 39%.
DISTRIBUTION ET ÉTENDUE DU COUVERT CAFÉIER AU CAMEROUN
À l’échelle des villages, la présence du caféier est signalée dans 2 537 villages sur les 17 345 villages que compte le Cameroun[2]. Dont 919 villages pour le caféier arabica et 1 618 villages pour le caféier robusta, soit un taux de couverture de 15% à l’échelle des villages. Pour cette distribution, la superficie caféière totale du Cameroun est évaluée à 165 743 hectares, dont la figure ci-après fait l’économie de la configuration par région.

du Cameroun
Du graphique ci-dessus, il se dégage que les régions du Littoral, de l’Ouest et de l’Est abritent 76% de la superficie caféière robusta du Cameroun. Soit un cumul de 83 551 hectares en valeur absolue. La région du Sud-Ouest abrite le 4ème couvert caféier robusta important du pays. Se plaçant devant les régions du Nord-Ouest, de l’Adamaoua, du Centre et du Sud, respectivement. Le caféier arabica est présent dans les seules régions du Nord-Ouest, de l’Ouest et du Sud-Ouest, avec une concentration dans la région du Nord-Ouest qui abrite 73% du couvert national.

Pour toutes ces superficies, le Cameroun a enregistré une production totale de cafés verts évaluée à 11 557 tonnes sur la campagne caféière 2021-2022 contre 36 207 tonnes en 2020[3]. Ce qui génère un rendement moyen national de 0,218 T/Ha. Cependant, par rapport à la superficie récoltée évaluée à 116 564 hectares en 2020, le rendement moyen national des caféières en 2020 s’établi à 0,311 T/Ha. Soit près de 31% de la moyenne minimale de 01 T/Ha ciblée au Cameroun dès 2030. Ce ratio présage d’une importante pression anthropique sur le couvert végétal national.
CHAÎNES DE VALEUR DU MAILLON PRODUCTION CAFÉIÈRE
Des pratiques usuelles de production, la production caféière est centrée sur deux chaînes de valeur. Dont celle du café semence et celle du café marchand à circuit d’obtention quasi-identique subdivisé en trois phases majeures, dont la phase ante récolte, la phase récolte et la phase post récolte.
La phase ante récolte
Elle englobe l’installation et la conduite de l’exploitation. Cette dernière se résume en opérations de rabattage des mauvaises herbes et de taille de formation des jeunes caféiers pendant leur phase de croissance, qui s’étend sur deux à trois ans, de taille d’entretien, d’élimination des gourmands et de récolte sanitaire dès l’entrée en production. Toutes ces opérations concourent à la création des conditions idéales de croissance et de production optimales des caféiers à travers le maintien de l’éclairage adéquat et la réduction de la pression parasitaire. La récolte englobe les opérations de cueillette sélective et groupage des cerises arrivées à maturité commerciale.

La phase post récolte
Elle englobe les opérations de dépulpage à la main, de fermentation, de lavage et ressuyage des graines puis d’ensemencement des pépinières pour la production du café semence. Pour le café marchand, la phase post récolte englobe les opérations de lavage, décorticage, fermentation, séchage, triage, et conditionnement. Pour toutes ces étapes, le maillon production génère des parches de café d’une masse minimale de 187 kg et 438 kg pour une productivité d’une tonne de café arabica et robusta, respectivement, ou 467 kg et 876 kg pour 2,5 tonnes par hectare et par an[4].
À l’ère de la Vision 2035 où l’un des objectifs porte sur le renforcement et l’optimisation de l’utilisation de la biomasse[5], les rebuts de récolte des caféières sont une alternative d’envergure pour la résorption des problèmes énergétiques en zones rurales du Cameroun. En effet, sachant qu’une tonne de matière sèche peut générer 0,450 m3 de biogaz[7], la seule masse de parches de café sus-évoquée peut donner au minimum 0,0838 m3 à 0,1971 m3 ou 83,82 litres à 197,1 litres de biogaz par an convertible en gaz et électricité domestiques.
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Par ailleurs, il est possible de produire du carbone écologique ou charbon vert à partir des mêmes rebuts de récolte ainsi que des huiles essentielles[6]. Au plan médical, la consommation journalière de quatre tasses ou environ 300 mg de café concourt à la prévention ou guérison de diverses pathologies cérébrales, cardiaques, respiratoires, et dermiques. Au registre de celles-ci figurent entre autres la goutte, l’Alzheimer, la Parkinson, le diabète de type 2, l’asthme, l’hypertension, le cancer du foie et bien d’autres.
L’utilisation du café sous plusieurs formes
Aussi, divers extraits de café sont utilisés en confiserie et pâtisseries, dans la fabrication des sodas et boissons énergisantes, les crèmes et liqueurs. Le marc de café, ou reste du café moulu après obtention de la boisson de café, fait l’objet de plusieurs usages allant du cosmétique à l’agriculture, en passant par les routes, et bien d’autres utilisations. Il est sollicité en horticulture pour le bleuissement des fleurs, la prévention contre les attaques de limaces, la production des carottes et des radis, dans les jardins où il favorise la mobilisation des vers de terre utiles à la fertilisation, la myciculture, et la fabrication du compost. En fait, des analyses chimiques ont montré que le marc de café renferme 2,28%, 0,06% et 0,6% d’azote, de phosphore et de potassium, respectivement, avec un rapport Carbone/Azote de 24/1 pour un pH égal à 6,2.
Quant à la parche de café, ou ‘enveloppe scléreuse de la graine du caféier’, elle renferme près de 45,3% de matière sèche, 2,74%, 0,105% et 2,75% d’azote, de phosphate et de potassium. Respectivement, augmenté de 1,12% de calcium, 0,30% de magnésium 70 ppm de manganèse et 1 270 ppm de fer. Les feuilles de caféier servant de thé contiennent 10,29% d’humidité, 0,29% de théine, 18,45% de matières albuminoïdes, 8,92% de matières minérales. Par ailleurs 30,15% de matières extractives diverses, 0,42% de silice insoluble, 4,99% de cendre insoluble et 3,83% de cendres solubles.
Nota Bene
Parmi les matières albuminoïdes, 5,10% sont solubles et 13,35% insolubles ; 4,95% des matières minérales sont solubles et 3,87% insolubles ; 19,81% des autres matières extractives sont solubles et 10,34% sont insolubles. Ces constituants offrent ainsi une opportunité d’usage des rebuts de récoltes du café pour la fertilisation des sols, la réduction de l’usage des produits inorganiques, et l’alimentation animale [8]. Par ces faits, il se déduit que le maillon production de la filière café est ouvert à moult secteurs d’activités audelà des seules cafés semences et café marchand.
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Sources:
[1]ONCC, 2023 OFFICE NATIONAL DU CAFÉ ET DU CAFÉ (ONCC) (2022), Bilan de la campagne caféière 2021-2022 ». PDF disponible sur www.oncc.cm. 48p Accédé le 20 Mars 2023.
[2]BUCREP, 2005, BUREAU CENTRAL DES RECENSEMENTS ET DES ÉTUDES DE POPULATION (BUCREP) (2005), ‘Répertoire actualisé des villages du Cameroun : Troisième recensement général de la population et de l’habitat du Cameroun’. Yaoundé. 436p
[3]FAOSTAT, 2022
Données de l’alimentation et de l’agriculture : Production cultures et produits animaux. Disponible à : www.fao.org/faostat/fr/#data/QCL. Accédé le 20 Mars 2023.
[4]Owona Mbourou, sd, Owona Mbourou, A. P. (sd), Organisation de la protection phytosanitaire pour la production concertée des café et cafés durables au Cameroun. Thèse de doctorat. Université Internationale des Sciences Appliquées du Développement. Sao Tomé. 677p
[5]RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN, 2020 RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN (2020a), Stratégie nationale de développement 2020- 2030 (SND30) : Pour la transformation structurelle et le développement inclusif. 1ère Ed. MINEPAT. Yaoundé. ISBN : 978-9956-26-085-O. 231p; RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN (2020b), Stratégie de développement du secteur rural/Plan national d’investissement agricole SDSR/PNIA (2020-2030). MINADER. Yaoundé. 146p
[6]Théau et Kinanga, 2021 ; PNUD, 2022; Théau, B., et Kinanga, R. (2021), Guide de production du charbon vert. Initiatives Climat. www.initiativesclimat.org. Accédé le 20 Mars 2023. PDF. 58p
[7]Almoustapha et Millogo-Basolodimby, 2006 ; Almoustapha et al, 2008, Almoustapha, O., Millogo-Basolodimby, J. et Kenfack, S. (2008), Production de biogaz et de compost à partir de la jacinthe d’eau pour un développement durable en Afrique sahélienne. Disponible à : https://doi.org/10.4000/vertigo.1227. Accédé le 20 Mars 2023
[8]D’Aulney, 1832 ; Raoul et Darolles, 1897 ; Ding et al, 2014; D’Aulney, C. G-E. (1843) « Monographie du café. Manuel de l’amateur de café : ouvrage contenant la description et la culture du caféier, l’histoire du café, ses caractères commerciaux, sa préparation et ses propriétés ». 2ème Ed. BOUCHARD-HUZARD. Université de Harvard. Numérisé par Google le 29 janvier 2008. 215p
Tiré de :
L’Économie Circulaire et entrepreneuriat dans la production du Café : Culture paysanne d’exportation au Cameroun; Tchouassi Gérard Professor, Ph D, ‘Doctorat d’Etat’ in Economics and in Entrepreneurship, Associate Professor in Economics and Management of Universities·Associate Professor, Senior Lecturer and Senior Researcher, Coordinator of a Professionnal Master 1 & 2 Degree Program in Business Competitive Intelligence, Innovation, Entrepreneurship and the Development of SME. Institution and department University of Yaoundé II · Department of Economics and Entrepreneurship

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